Le rapport t'annonce 42 000 personnes touchées, 900 clics et 0,18 € le clic. Tu ne sais toujours pas si tu as gagné de l'argent. C'est normal : aucun de ces chiffres ne parle de ton compte en banque.
La seule formule qui compte
ROI = (marge générée par la campagne − budget dépensé) ÷ budget dépensé
Deux mots à retenir. Marge, pas chiffre d'affaires : vendre pour 3 000 € avec 30 % de marge rapporte 900 €, pas 3 000. Générée par la campagne : uniquement ce qui n'aurait pas eu lieu sans elle.
Un exemple, à remplir avec tes chiffres
Voici un cas fictif, uniquement pour poser la méthode — remplace ensuite par tes propres nombres.
- Budget du mois : 300 €
- Demandes reçues via la campagne : 20
- Devis signés : 4 — soit un taux de transformation de 20 %
- Panier moyen : 1 200 €, marge de 35 % → 420 € de marge par client
- Marge totale : 4 × 420 = 1 680 €
- ROI = (1 680 − 300) ÷ 300 = 4,6 — soit 4,60 € gagnés pour 1 € dépensé
Tant que ce nombre reste supérieur à 1, la campagne s'autofinance. En dessous de 0, elle coûte de l'argent — et il faut soit la corriger, soit l'arrêter.
Le chiffre à suivre au quotidien
Calculer le ROI complet demande d'attendre que les devis se signent. En attendant, suis un indicateur intermédiaire : le coût par contact utile. Budget dépensé ÷ nombre de demandes sérieuses reçues.
« Sérieuses » est le mot important. Un message « c'est combien ? » suivi d'un silence n'est pas un contact utile. Compare ensuite ce coût à la marge d'un client : s'il faut 15 € pour capter une demande et que 20 % se signent, chaque client revient à 75 € en publicité. À 420 € de marge, l'affaire est bonne.
Les cinq pièges qui faussent le calcul
1. L'attribution trop généreuse
Par défaut, la plateforme s'attribue toute vente survenue dans les jours qui suivent un clic — et parfois même une simple vue de l'annonce. Un client qui serait venu de toute façon est compté comme un résultat de la campagne. Recoupe toujours avec ce que tu constates en vrai.
2. Le trafic hors zone
C'est l'erreur la plus coûteuse en local. Si le ciblage couvre 50 km autour de Montluçon alors que tu ne te déplaces qu'à 20, tu paies pour des gens que tu refuseras. Resserre le rayon avant d'augmenter le budget.
3. Les clics accidentels
Un coût par clic anormalement bas est rarement une bonne nouvelle : c'est souvent le signe d'un placement où les doigts glissent sur des bannières, dans des applications sans rapport. Regarde la répartition par placement, et coupe ce qui ne convertit jamais.
4. Les ventes qui auraient eu lieu sans toi
Le test est simple : coupe la campagne deux semaines et compare. Si les demandes ne baissent pas, la publicité ne créait rien — elle facturait ce qui venait tout seul.
5. Le budget trop faible
En dessous d'un certain seuil, l'algorithme n'a pas assez de données pour apprendre et dépense mal. Mieux vaut un mois à budget correct sur une seule audience que trois mois à budget symbolique éparpillés sur cinq campagnes.
Meta ou Google : lequel rapporte le plus ?
Ils ne font pas le même travail. Google Ads capte une demande qui existe déjà — quelqu'un cherche « plombier Vichy » maintenant. Meta Ads crée l'envie chez quelqu'un qui ne cherchait rien.
Conséquence sur le ROI : Google convertit mieux et plus vite, mais le clic coûte plus cher et le volume est plafonné par le nombre de recherches. Meta coûte moins cher au contact et fait connaître, mais demande de la patience et de bons visuels. Pour une urgence — fuite, panne, serrure — Google gagne presque toujours. Pour un restaurant, un salon ou une boutique, Meta est souvent plus rentable.
On détaille les deux logiques sur Google Ads et Meta Ads.
Le tableau à tenir chaque mois
- Budget dépensé
- Nombre de demandes reçues, et combien étaient sérieuses
- Nombre de ventes ou de devis signés
- Panier moyen et taux de marge
- ROI calculé — et la décision qui en découle : garder, ajuster, arrêter
Cinq lignes, une fois par mois. C'est tout ce qu'il faut pour ne plus jamais dépenser à l'aveugle. Si ton prestataire ne te donne pas ces chiffres, demande-les — ou change de prestataire.
Les questions qu'on nous pose.
Il n'existe pas de montant magique, mais un test crédible demande assez de budget pour sortir de la phase d'apprentissage, sur une seule audience et pendant au moins trois à quatre semaines. Éparpiller un petit budget sur plusieurs campagnes est le meilleur moyen de ne rien apprendre. On chiffre le seuil réaliste pour ton métier au diagnostic.
Tu veux savoir où tu en es, toi ?
On regarde ta visibilité réelle ensemble : ce que voient tes clients quand ils te cherchent, et ce que ça te coûte aujourd'hui. Gratuit, sans engagement.
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